Cet album doit
son existence à la rencontre fortuite avec le producteur Malcom Springer, qui a repéré le groupe alors qu'il
se produisait dans un bar et lui a permis de
signer un contrat avec Island Records. Rencontre un
peu malheureuse aussi, car c'est à lui qu'est revenu la
production de cet album alors que son profil ne
correspond pas au style musical du groupe. A priori
rien à dire, l'album bénéficie d'une grosse
production à l'américaine avec un son rock très
convaincant. Et c'est bien là le problème. La
sensibilité pop du groupe est souvent occultée par
des guitares puissantes et la voix énervée de Ryan
Jordan. Il est évident en réécoutant l'album
indépendant sorti en 2000 ainsi que les
chansons enregistrées en 2004 avec Jim Wirt, que le
son du groupe est moins subtil sur cet
album. Et c'est dommage quand on sait l'intensité
unique dégagée par la voix de Ryan lorsqu'il
chante de façon posée et la finesse des
mélodies qu'il compose, comme Breathe,
Radiance ou This Too Shall Pass.
L'album démarre par le bouillonnant Shelter,
présent sur la BO de Spider Man,
avec le chant rageur de Ryan Jordan et une
instrumentation puissante, à l'exception du
très mélodieux duo de guitares - et . Dans le même registre,
il y a Strong avec ses riffs énervés et la voix de
Ryan à la limite de la rupture. Sur Drowning Man, les guitares
sont également très présentes mais l'une d'elle
produit une
sonorité aigue très mélodieuse. Dernier titre vraiment rock, Louder Than Words, qui se
distingue par une double rythmique réussie, rapide
sur les couplets et lente sur les refrains. Si ces
titres survitaminés sont sympas à écouter parce
qu'on a affaire à une grosse production et de très bons musiciens,
ils deviennent un peu fatiguant à la longue pour les
oreilles.
Il faut se tourner vers les ballades pour apprécier
tout le talent énorme de ce groupe. C'est dans ce registre que
la voix chaleureuse de Ryan et la guitare de son compère Marc Winninger s'expriment le mieux à l'image
du premier single Breathe qui
s'impose comme l'une des plus belles ballades de
l'année, récompensée par une nomination aux Grammy
Awards (1). Les mélodies inspirées de Dim Halo
et Identity font également partie des grandes
réussites de cet album, avec une ambiance sombre
très bien rendue sur ce dernier. Mais Greenwheel a
gardé le meilleur pour la fin avec deux merveilles.
Radiance d'abord qui bénéficie d'une
instrumentation et d'une mélodie superbes où la voix
intense de Ryan s'y exprime à merveille. The End
ensuite avec une atmosphère chaotique d'une intensité rare
et des refrains puissants décuplés par un chant
passionné captivant.
Au final on est à la fois séduit et un peu déçu par cet
album. Séduit car Soma Holiday est un très bon album qui bénéficie d'une
solide composition et de très bons musiciens. Déçu, car
on ne retrouve que trop peu leur sensibilité pop. C'est pourtant dans ce registre que la
passion et l'émotion de leur musique s'expriment le
mieux. |
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