Le groupe avait
commencé d'enregistrer à Los Angeles, avant de
revenir à New York, déçu du résultat, pour
enregistrer avec Gregg Wattenberg qui connaît bien le groupe pour avoir déjà travaillé
avec sur des démos. Après avoir écouté cet album on
comprend mieux la difficulté de produire un tel
album. En fait le son de Stage ne ressemblent à
aucun autre. Le quatuor mélange riffs rageurs et notes de pianos, alterne rythmes
lents et rythmes enlevés (à l'intérieur d'un même
morceau), sonorités saturées et sonorités de
cristal, compose un morceau de 11 minutes et un
autre de 7 min 30 venus
d'ailleurs et ajoute même des choeurs d'enfants.
Cette instrumentation inspirée, à la fois posée et
puissante, lisse et chaotique, donne au son Stage
toute sa dimension, renforcé par le chant plaintif
de Ryan Star. Sa performance vocale tout au long de
l'album est impressionnante et notamment des montées
dans les aigus parfaitement maitrisées malgré un
timbre de voix grave.
La première partie de l'album est composé de titres
rocks assez proches du format radio avec notamment
le single I Will Be Something
qui n'est pas le meilleur titre de l'album loin de
là. La
production est puissante mais la mélodie assez basique. Le titre The World Has Come
Between Us apparaît plus convaincant grâce à une
instrumentation plus contrastée et une mélodie inspirée.
Même chose pour le superbe An Angel Screams From
Outer Space avec un enchaînement (refrain -
piano - solo de guitare - refrain final) superbe . Le morceau Perfect se distingue
par son instrumentation à la sonorité
flatteuse ainsi que par son pont très réussi en capella
suivi de riffs et d'un solo de guitare. Dans un
registre plus calme, les ballades I Don't Know
et I Know Where You Are brillent par leur
simplicité.
La deuxième partie de l'album est plus expérimentale,
avec des titres qui montent en puissance au fil des
écoutes à l'image de l'intense ballade Flag
avec ses riffs puissants à la sonorité merveilleuse
ou de l'électrique Country Bleeding
et sa jolie mélodie reprise par des chœurs d'enfants
sur le final.
Le titre le plus surprenant reste The Scientists
Canvas avec ses 11 minutes 30 qui présentent
successivement plusieurs sonorités en finissant par
du piano, avec la mélodie comme seul fil conducteur.
Le morceau Jesus Was A Test Tube Baby, un
peu déroutants au premier abord, brille par ses
changements de rythmes incessants et un final
magistral, d'abord déchainé puis calme planant. Même
réussite pour le final déchaîné de Live Happy Live With Anorexia.
L'album s'achève par une très belle petite chanson
cachée au piano.
Stage signe ici un album remarquable,
avec quelques passages d'anthologie et pas une seule
fausse note tout au long des 11+1 morceaux. Quelques
écoutes sont nécessaires pour bien s'imprégner du
son de cet album, mais une fois dedans, vous ne regarderez plus le rock de la même
façon. |