Quelle bouffée
d'oxygène que ce premier album de Nine Days chez
Sony. Grâce à des arrangements originaux, des
rythmes variés et la présence du clavier de Jeremy
Dean, les 12 titres de ce disque ne manque pas de
fraîcheur et de contraste évitant une trop grande
linéarité. Le groupe joue juste et leur instruments
y compris le clavier et l'harmonica s'accordent à
merveille et forment un ensemble harmonieux. Mais si
l'instrumentation est contrastée, elle n'apparaît
pas pour autant chargée, avec un son relativement
épuré tout au long de l'album. Le rendu très clair
des instruments grâce à l'excellent boulot de Nick
DiDia participe également à cette impression de
fraîcheur, tout comme la dualité de voix,
John Hampson et Brian Desveaux se partageant la
composition et le chant avec un timbre de voix bien
distinct, une voix lisse pour le premier et une voix
éraillée pour le second.
Comme tout album de pop rock, The Madding Crowd
contient aussi bien des titres aux rythmes soutenus
que des ballades lentes. L'album commence par la
première catégorie avec la pop énergique de So
Far Away relayé par la pop imparable du single
radio Absolutely qui a fait fureur lors de
l'été, grâce à cette instrumentation colorée
énergique et un refrain entêtant. Ce morceau est
suivi du deuxième single, la ballade If I am,
où l'on passe d'une tonalité joyeuse à une ambiance
plus introspective (mélancolique). Dans un style
similaire quoi qu'un peu plus blues, on citera la
ballade Crazy. Toujours dans un registre
ballade, il y a surtout les 2 ballades composées par
Brian Desveaux, Sometimes et Bitter,
dont la voix et l'instrumentation rappellent Brian
Adams. Le final instrumental de plus de 2 minutes de
Bitter, où s'entremêlent violons, clavier et
guitares. est superbe.
En revenant à un registre plus rock, on trouve
l'excellent Revolve dont le rythme très
rapide, la sonorité métallique et le très bon final
rappelle le morceau We Are du groupe
Vertical Horizon. On retrouve dans les deux
titres centraux de l'album, Bob Dylan - qui
est évidemment un hommage au chanteur - et 257
Weeks, l'ancien style du groupe avec une touche
de folk comme en témoigne la présence d'un harmonica
sur le premier et le rythme cassé ainsi que le jeu
de clavier sur le second. La rythmique très
travaillée de l'énergique Back To Me, renforcée par
une présence marquée de clavier est également une
réussiteGrâce à des arrangements de qualité, ce
premier album de Nine Days se révèle nettement plus
profond qu'il n'y parait après quelques écoutes
attentives. L'ensemble est séduisant, une
instrumentation énergique et fraîche, des mélodies
efficaces et des timbres de voix accrocheur. |